Prise de Position
juillet 2003
Le diabète et les maladies rénales : de la nécessité d’un diagnostic et d’un traitement précoces
Les maladies rénales imputables au diabète sont la principale cause d’insuffisance rénale à l’échelle mondiale, qui exige une dialyse ou une greffe de rein. Les premiers dégâts aux reins peuvent être facilement détectés grâce à un test urinaire, qui décèlera la présence d’albumine, une protéine spécifique. Le risque d’insuffisance rénale et l’allure à laquelle celle-ci se développe peuvent être réduits en contrôlant régulièrement le taux de glycémie et la tension artérielle. La consultation précoce d’un spécialiste améliore les chances de survie en cas d’insuffisance rénale. Bon nombre de personnes atteintes du diabète ne peuvent accéder à des soins de santé adéquats, aux tests urinaires permettant de déceler les éventuels dégâts rénaux ni à la dialyse ou à la greffe en cas d’insuffisance rénale.
La position de la FID est la suivante:
- Toute personne atteinte du diabète doit être aidée à bien contrôler son taux de sucre dans le sang et sa tension artérielle, afin de réduire les risques de développer une insuffisance rénale due au diabète.
- Il faut offrir des tests urinaires annuels aux personnes atteintes du diabète afin d’identifier les éventuels dégâts aux reins.
- Les personnes qui présentent des symptômes de problèmes rénaux doivent bénéficier du traitement approprié, notamment de médicaments qui permettent d’abaisser la tension artérielle.
- Les patients qui développent une insuffisance rénale doivent être renvoyés dans le plus bref délai à un néphrologue.
- Les personnes souffrant d’insuffisance rénale liée au diabète doivent suivre une dialyse ou subir une greffe de rein.
La maladie rénale imputable au diabète (néphropathie diabétique) est la cause identifiable la plus répandue d’insuffisance rénale dans le monde ; elle requiert une dialyse ou une greffe de rein. C’est aux Etats-Unis que l’incidence est la plus élevée : en effet, plus de 40 % des personnes qui doivent suivre un traitement pour insuffisance rénale sont diabétiques (environ 107 personnes atteintes du diabète par million d’habitants). Le nombre de personnes atteintes du diabète et qui souffrent d’insuffisance rénale est en augmentation dans la plupart des pays. La dialyse revient à près de US$35 000 par personne et par an, tandis que la greffe de rein coûte US$15 000 la première année, et $6000 par an les années suivantes.
La néphropathie diabétique se développe lentement, sur 20 à 30 ans de diabète. Près de 25 % des personnes atteintes du diabète de type I et 5 à 10 % de celles atteintes du diabète de type II développent une insuffisance rénale. Toutefois, étant donné que le diabète de type II est au moins 10 fois plus répandu que le diabète de type I, la majorité des patients atteints de diabète et d’insuffisance rénale souffrent du diabète de type II. Les personnes d’origine caucasienne sont moins exposées que les autres. Le risque de dégâts rénaux et l’allure à laquelle ils progressent sont accentués par une série de facteurs, notamment l’hyperglycémie et l’hypertension.
Les troubles rénaux peuvent être détectés à un stade précoce grâce à un test d’urine, qui mesurera la quantité d’albumine, une protéine spécifique. Selon les lignes directrices internationales, il est préférable que les patients atteints du diabète procèdent à un test urinaire une fois par an. En cas de dégâts rénaux, une bonne maîtrise de la tension artérielle, grâce à des médicaments adaptés, ralentira la progression de l’insuffisance rénale. Avec des soins adéquats, il est possible de prévenir l’apparition de la néphropathie diabétique, et au moins de retarder de 10 à 20 ans une dialyse ou une greffe de rein.
Toutefois, chez bon nombre de personnes atteintes du diabète, le contrôle de la glycémie et de la tension ne suffit pas, et le risque pour ces patients de développer une néphropathie diabétique est plus élevé que la moyenne. On sait désormais que beaucoup de patients atteints du diabète ne bénéficient pas d’un test urinaire annuel qui permettrait de déceler une éventuelle néphropathie diabétique, et que ceux qui présentent les premiers symptômes de dégâts rénaux ne se voient pas prescrire les hypotenseurs et autres traitements qui retarderaient une plus grande détérioration du rein. Lorsque l’insuffisance rénale débute, le renvoi à un néphrologue se révèle indispensable afin de procéder à une évaluation plus approfondie et de programmer une dialyse ou une greffe. Ces renvois précoces améliorent les résultats. Toutefois, beaucoup de personnes qui développent une insuffisance rénale ne sont renvoyées un néphrologue que lorsque la maladie est déjà très avancée.
Le nombre de personnes atteintes du diabète qui suivent une dialyse ou subissent une greffe de rein varie grandement selon le pays. Certaines variations peuvent être liées à une prévalence différente du diabète et à une variation de susceptibilité à la néphropathie. Cependant, les grandes variations reflètent aussi le fait que dans certains pays, la dialyse et la greffe ne sont pas facilement accessibles aux personnes atteintes du diabète en raison de ressources limitées et de la discrimination dont pâtissent les personnes diabétiques.
La FID recommande que toute personne atteinte du diabète soit suivie pour parvenir à bien contrôler son taux de glycémie et sa tension, afin de réduire les risques de néphropathie diabétique ; que l’on procède à des tests urinaires annuels afin d’identifier les premiers symptômes de néphropathie chez les personnes atteintes du diabète ; que celles qui présentent les signes de dégâts rénaux bénéficient d’un traitement adéquat, notamment de médicaments hypotenseurs ; que les personnes qui souffrent d’insuffisance rénale soient rapidement renvoyées à un néphrologue; enfin, que toute personne atteinte d’insuffisance rénale due au diabète puisse accéder à la dialyse ou à la greffe de rein.
Références:
Diabète et maladies rénales: il est temps d'agir; Fédération Internationale du Diabète, 2003.