Un défi olympique

Le champion du cercle bleu de la FID, Kris Freeman, vient de rentrer de Sotchi, où il a participé à ses quatrièmes Jeux olympiques d’hiver. Diagnostiqué avec un diabète de type 1 en 2000 à l’âge de 19 ans, on lui avait dit que sa carrière était finie. Malgré cela, une forte personnalité, beaucoup de persévérance et les bons outils pour gérer son diabète ont permis à Kris d’exceller dans l’un des sports d’endurance les plus difficiles. La FID l’a interrogé sur son expérience olympique.

Comment le diabète a-t-il influencé votre carrière sportive et votre programme d’entraînement ?  
J’ai dû apprendre beaucoup plus de choses que prévu sur la physiologie et l’alimentation. Il est essentiel d’adapter mon alimentation en fonction de mon entraînement, si je veux retirer le maximum de celui-ci. Les innovations dans le domaine des soins du diabète ont fait d’énormes progrès au cours de ces deux dernières décennies. Grâce à une analyse et à une planification minutieuses, ces outils me permettent de surmonter la plupart des défis posés par le diabète.

Pour vous expliquer précisément comment le diabète a influencé ma carrière, je devrais savoir comment aurait été ma vie sans le diabète. Comme je ne connaîtrai jamais la réponse à cette question, je n’y pense pas.

Comment avez-vous vécu les Jeux olympiques d’hiver de Sotchi ? Avez-vous eu l’impression que votre diabète était bien géré ? Quelles ont été les réactions des autres athlètes face à votre diabète ?J’ai passé un excellent moment aux Jeux olympiques. Je n’ai pas réalisé d’aussi bonnes performances que ce que j’espérais. Je pense que je me suis un peu trop entraîné en préparation des Jeux cette année et que j’étais trop fatigué pour me donner au maximum. Il existe une ligne très ténue entre l’entraînement optimal et le surentraînement. Malheureusement, je l’ai franchie.  

Mon diabète était très bien maîtrisé. Depuis quatre ans, je pratique le yoga et la méditation afin d’apprendre à contrôler mon stress. Avant mes compétitions, j’étais calme, ce qui m’a aidé à maîtriser ma glycémie. Il s’agissait de ma quatrième participation aux Jeux olympiques. Presque tous mes adversaires savaient donc que je suis atteint de diabète.

Comment la technologie vous a-t-elle aidé à gérer votre diabète et les exigences de votre entraînement ?
Mon CGM m’a été particulièrement utile pour suivre la tendance de ma glycémie. La pompe à insuline m’a permis d’adapter la dose basale instantanément et de configurer le bolus afin qu’il soit administré de multiples façons.

Avez-vous l’impression que les personnes atteintes de diabète sont encore stigmatisées et discriminées de nos jours ?
Je n’ai jamais eu l’impression d’être discriminé. Je n’ai jamais caché que j’étais atteint de diabète, depuis le jour où cette maladie m’a été diagnostiquée. J’encourage les gens à poser des questions sur le diabète et je constate que lorsque j’explique la maladie et le traitement en termes simples, les réactions sont toujours positives.

Quel message souhaiteriez-vous adresser à une personne dont le diabète vient d’être diagnostiqué ?
Le diabète n’est pas une maladie amusante, mais il est parfaitement gérable. Plus vous apprenez de choses à propos du diabète et plus vous assumez vos propres soins, plus l’impact de la maladie sur votre vie diminue. Il n’y a aucune raison pour que cette maladie vous empêche d’atteindre vos objectifs et de réaliser vos rêves.