Afrique (AFR)

Le paysage sanitaire de l'Afrique sub-saharienne est dominé par les maladies infectieuses, le VIH/sida et la pauvreté. Face à l'urbanisation rapide, les maladies non transmissibles (MNT) telles que le diabète sont en train de devenir une nouvelle priorité sanitaire dans la région. En effet, les estimations de prévalence du diabète selon l'âge dans les centres urbains d'Afrique sont souvent égales ou supérieures à celles des pays à revenu élevé. La menace que représente le diabète ne fera que croître à mesure que l'urbanisation s'intensifie et que la population vieillit. La région Afrique abrite également le pourcentage le plus élevé de cas de diabète non diagnostiqués, estimés à 78 % (Section 2.2). 344 000 décès dans la région seraient imputables au diabète, soit 6,1 % des décès toutes causes confondues. Les investissements, la recherche et les systèmes de santé sont lents à répondre à ce fardeau et restent essentiellement ciblés sur les maladies infectieuses. La région Afrique représente moins d'1 % des dépenses mondiales en soins de santé pour le diabète.

AFRICA AT A GLANCE

Prévalence

En 2011, on estime que 14,7 millions d'adultes de la région Afrique ont le diabète, avec une prévalence régionale de 3,8 %. La plage de chiffres de prévalence (%) entre les pays reflète la transition rapide à laquelle les communautés de la région sont confrontées. Le taux de prévalence le plus élevé du diabète dans la région Afrique est enregistré sur l'île de la Réunion (16,3 %), suivie des Seychelles (12,4 %), du Botswana (11,1 %) et du Gabon (10,6 %). Certains des pays les plus peuplés d'Afrique affichent également le nombre le plus élevé de personnes atteintes de diabète, le Nigeria arrivant en tête avec 3,0 millions, suivi de l'Afrique du Sud (1,9 million), de l'Éthiopie (1,4 million) et du Kenya (769 000). Les six pays comptant le plus grand nombre de personnes atteintes de diabète représentent ensemble un peu plus de la moitié du nombre total dans la région.

Bien souvent, les enfants de la région atteints de diabète de type 1 ne sont pas diagnostiqués. Et, lorsqu'ils le sont, rares sont ceux qui bénéficient d'un accès adéquat à de l'insuline, à des seringues et à l'équipement de surveillance, de sorte qu'ils meurent. Cette mortalité prématurée joue un rôle déterminant dans le faible taux de prévalence du diabète de type 1 dans la région.

Mortalité

Bien que 6,1 % seulement de tous les décès dans la région Afrique puissent être attribués au diabète, pas moins de 72,8 % de ces décès surviennent chez des personnes âgées de moins de 60 ans. En outre, plus de deux fois plus de femmes que d'hommes meurent du diabète. Cette situation s'explique en partie par le fait que les hommes ont plus de risques de mourir d'autres causes.

Dépenses en soins de santé

Les estimations pour la région Afrique indiquent qu'au moins 2,8 milliards d'USD ont été dépensés dans des soins de santé liés au diabète en 2011. Ces dépenses dues au diabète devraient augmenter de 61 % d'ici 2030, tandis que le taux de prévalence de la condition devrait quasiment doubler au cours de la même période. À l'heure actuelle, la région Afrique enregistre le montant total de dépenses en soins de santé pour le diabète le plus bas des régions de la FID. Par conséquent, la multiplication par deux du taux de prévalence sans une hausse correspondante des dépenses affectera très certainement les soins du diabète.

Sources de données

Le nombre de sources de données examinant la prévalence du diabète chez les adultes de la région a considérablement augmenté ces dernières années. Pour cette édition de l'Atlas du diabète de la FID, 52 sources provenant de 27 pays ont été examinées et 21 d'entre elles (couvrant 19 pays) ont été sélectionnées. Les données pour l'estimation du nombre d'enfants atteints de diabète de type 1 demeurent par contre très rares. D'où le besoin pressant de réaliser d'autres enquêtes épidémiologiques et d'améliorer les systèmes de collecte de données dans la région. Ce besoin se reflète en partie dans le pourcentage élevé de cas de diabète non diagnostiqués qui n'ont été décelés qu'au moment de l'enquête.